Archive pour juillet 2006

Je n’ai pas de terre. Nulle part n’est chez moi. (12/07/06)

Mercredi 12 juillet 2006

Je n’ai pas de terre. Nulle part n’est chez moi.
Mon foyer, où qu’il soit, est ma seule demeure.
Je ne fais parti d’aucune population parce que je ne me reconnais dans aucune d’elle.
Je me sens un peu étranger partout. Et je sais qu’il ne m’est pas nécessaire de voyager car partout je resterai un étranger.
Je viens d’une civilisation inconnue et sans doute inexistante. Ou bien existante seulement dans l’imaginaire.
Je n’ai que 26 ans, je pense être encore frais, mais j’ai traversé les âges, rejeté les dictats des religions et des morales, repoussé les limites de mes certitudes dans les abysses du doute et du scepticisme ; et, mis en place ma propre réflexion.
Je m’instruis et je cultive comme des magnifiques fleurs les innocences et jeux de l’enfance, sans rejeter pour autant l’adulte que je deviens.
Je me suis sexuellement libéré, battu pour ne pas tomber dans la dépression, contre les crises d‘angoisse, pour continuer à désirer et à m’émerveiller ; mais aussi pour accepter d’être fragile et mélancolique.
Je me suis affûté une lucidité implacable et terrifiante sur le monde dans lequel nous vivons, et me suis libéré du totalitarisme matérialiste qu’on nous impose avec violence.
Je peux me vanter d’être encore en colère, parce que non résigné.

Je suis un être libre, et chaque jour un peu plus.

Il n’y a de liberté, de totale liberté, que dans la création.

23 Mars 2006

Dimanche 2 juillet 2006

Lorsque les ciels crasseux cesseront de pisser
Leurs bruinasses et pluies, de tristesse infestées
Que les brûlants froids s’épuiseront de fouetter
Les visages bouffis et lèvres crevassées

Mes strates de loques, à terre je déposerai
Et nu danserai, le printemps pour cavalier…

Le semeur de courges (23/12/04)

Samedi 1 juillet 2006

Au dessus de la terre labourée, il astiquait son membre pour nourrir le sol qui lui donnera de beaux légumes à la fin de l’été prochain.
Que des courges il sèmera.
Il aimait les regarder grandir, les cueillir, les caresser, les cuisiner et les manger.
Il déversa bientôt son épais jus, s’agenouilla et frotta le foutre sur et dans la terre tout en pensant aux futurs plaisirs gustatifs qu’il éprouverait en les mangeant.

Histoire de plume (23/12/04)

Samedi 1 juillet 2006

Une plume d’oie semble m’avoir choisi pour venir couver.
Dans ma chevelure, elle a fait son nid.
Elle me parle de temps en temps mais le plus dérangeant, ce sont les coups de bec.
Cela fait assez mal. Elle pince fort cette petite garce !
Aussi il m’arrive quelquefois de prendre ma plume et de la tremper dans l’encre, afin de lui obstruer la bouche, ce qui l’empêche bien évidemment de m’attaquer.
Et même si nos rapports sont souvent compliqués, je pense que l’on s’aime assez, ma petite plume et moi.

8 Août 2004

Samedi 1 juillet 2006

Pourquoi éteindre ?
La lumière est déjà éteinte, ici tout est noir…

Enfin presque.

La lune veille paisiblement, sempiternellement,
Semblable à elle-même.

Quelques variations…

Une partition jouée par un violoniste
Une fleur, le bruit d’un ruisseau,
Celui d’un oiseau.

L’alcool enivre.

L’oiseau s’envole vers la lune ; La lune se couche dans le ruisseau.
L’Homme s’allonge dans le ruisseau, la lune, la fleur et regarde l’oiseau s’éloigner.

Les violons s‘envolent et disparaissent…

Petite fuite (30/04/04)

Samedi 1 juillet 2006

La pluie sur le zinc, moi en dessous…
Les gouttes abondantes s’éclatent bruyamment sur le métal
Et me font perdre la raison.

Éclatements dans mon crâne…
Les lourds cliquetis martèlent dans ma tête…

La pièce se remplit d’eau,
Je flotte sur le matelas.

L’arrosage sauvage gonfle ma cervelle telle une éponge.
Absorbe chienne !
Puis-je te presserai de ma puissante main pour t’extraire la pisse des dieux.
Au dessus de ma bouche
Je ferai couler le jus au fond de ma gorge…

Je m’hydrate enfin.

Et je te pisserai dessus à mon tour
Petite chienne de cervelle ramollie,
Qui plus tard ne sera que bonne
A jeter aux égouts vert-de-gris.

Parano légère (30/04/04)

Samedi 1 juillet 2006

Une main dans un revers,
Un homme sort un revolver.
Des ricanements dans la rue,
Des connes qui me crachent dessus.
Et là où l’on échange des dossiers
Un complot international se crée.

Je saute sur l’homme,
Un poing dans la gueule,
Lui arrache son flingue.
” A terre les putes !
Faites gaffe, j’suis paranoïaque !”
Un coup de pied bien placé
Et je récupère les fichiers…

Mon monde est sauvé.

Je rentre à la maison
Et découvre stupéfait
Que mon chat a volé
Tous mes crayons !
Heureusement,
Les voisins ne feront pas exploser,
Au gaz,
L’immeuble ce soir.
Merci et bonsoir.

Reflets (août 2004)

Samedi 1 juillet 2006

Toute source lumineuse reflétée dans une surface brillante donne une profondeur au même titre qu’une glace mais en plus flou, plus abstrait…
Profondeur proche du rêve. Une autre réalité dans la Réalité… Un échappatoir pour la pensée. Plus loin que la surface.
Les yeux ne se placent pas de la même manière suivant que l’on regarde la surface ou le reflet, comme dans les livres d’hollusions,
basés d’ailleurs sur l’écartement des yeux.
Et sur la table du bar, enfin plus loin que la table du bar, il y a un chemin bordé par des lumières ou, piste d’atterissage.
Et comme dans les livres cités plus haut, l’image n’est pas “touchable tactilement” puisqu’en dessous, plus profond que la surface.
Et plus vous fixez cette image, plus vous plongez en elle. Tout le reste autour disparaît : contexte de lieu, de temps, etc.
C’est assez enervant d’ailleurs de ne pouvoir saisir physiquement cette image.
On ne peut entrer en contact avec elle que psychiquement. La vue est le seul sens pouvant être utilisé ici puisque
même s’il y a son émis par l’original du reflet, le son ne semblera pas provenir de l’image reflétée.
Etude à développer.