Quelle lenteur !
Moi qui ai passé tant de temps, dans un état second, oubliant même de me nourrir ou de fumer des clopes, voilà trois ans que ma production s’est extrêmement calmée. Je ne pense pas que se soit par manque d’idées pourtant…
Mais le rapport de l’humain à la consommation exagérée m’énerve et me fait poser des questions et remarquer des choses que je n’avais pas vu jusqu’ici… Certaines personnes critiquant la société de consommation, ont pourtant une habitude similaire face à la culture : Ils consomment. C’est un simple constat, je ne sais pas quoi en tirer, mais ça m’interpelle beaucoup. Si la sur-consommation “culturelle” me dérange, à quoi bon sur-produire de la création ? C’est un première chose.
De plus, cette lenteur s’impose à moi… J’ai tellement travaillé dans l’instant… Ceci dit, je travaille toujours dans l’instant, mais je ne produis plus au même rythme. Je veux quelque chose de différent, et je me dis des fois que, peut-être, je n’en suis pas capable. Mon album audio me plaît pas mal pour l’instant, mais je le travaille encore, et pas très régulièrement.
10h d’affilés sans pause, c’est terminé pour l’instant.
Et puis vivre avec quelqu’un (presque), dans un 15m2, ça change pas mal de trucs, surtout dans ma situation, mais je ne m’étendrais pas ici sur le sujet.
Je suis un peu perturbé par tout ça, parce que j’adorais et j’avais besoin de produire frénétiquement, et là, il y a comme un manque. Il va falloir que je replonge, mais j’ai peur de le faire et j’ai peur aussi de ne pas le faire. Il faut tout même faire attention à la folie… Ceci-dit, peut-être cette frénésie ma sauvée de la folie, bref…
J’ai pris conscience que j’avais passé toute mon enfance (du moins une grande partie) dans un état d’anxiété, de peur… et de tristesse aussi, contrairement aux apparences. La peur me poursuit, je sais la sortir de ma tête pour penser le monde, la société ; je sais aussi la planquer, et la faire taire quand j’ai assez de force et de volonté… Cette peur, qui n’est en grande partie, depuis mon adolescence au moins, qu’une peur de crever et une immense sensation de solitude, est plus qu’une peur (souvent idiotes) : l’angoisse, la crise d’angoisse. J’ai tout de même réussi à l’apprivoiser et surtout, à la voir venir… Ce qui m’arrive d’ailleurs de me déclencher une nouvelle peur : la peur de l’angoisse. J’avais réussi à la faire taire, et voilà que, ces derniers temps, je ressens son odeur, elle n’est pas loin, la gârce !
Bref encore, je “m’égare, il faut me pardonner, j’ai mal de votre mal Madame, mais que faire et que dire puisqu’il s’en est allé”… Je m’égare encore… Barbara, si tu nous regardes !
Je suis sûr cependant, que je revivrais des périodes frénétiques, en panique totale, comme si je faisais une course avec le temps, ou plutôt, contre lui… Tout faire, tout créer, avant de ne plus pouvoir !
13 juillet 2007 à 18:04
Etyën hâte de te lire mais ton texte est en partie caché par le rouleau de PQ pourquoi ? ce n’est donc pas très compréhensible.
Du peu que j’ai pu en comprendre, tu n’es pas dans l’euphorie, tu as raison, c’est très dure de vivre dans 15 m2, tiens le coup, ton travail est beau et tu es beau, tu as une belle âme, tout est bien, même tes défauts que j’adore sont magnifiques. Il faut tenir coûte que coûte, société de consommation certes, pour ton grand-père c’était la guerre. Chaque époque à ces horreurs et donc ses combats, ta guerre à toi c’est ça : Ton 15 m2, ton manque de fric, les réflexions parfois stupides des galeristes (si tu vois ce que je veux dire) la connerie qui te donne la nausée. Etyën on t’aime, tiens la corde, ne la lâche pas, ils arrivent ( je ne sais pas qui) mais ta intérêt à y croire.
Quant à l’angoisse, toute mûre que je suis je n’ai pas de solution, elle fait partie de toi, c’est une appendice, donc obligé de faire des crises l’important est de ne pas faire une péritonite pour ça dans les cas extrêmes il y a tout de même les amis. Ne l’oublies pas.
Bises
20 juillet 2007 à 3:56
MERCI