Nous sommes bien entrés dans un nouveau siècle, une nouvelle ère, absolument terrifiante, une ère du contrôle, comme le disaient Deleuze et Foucault ; et bien évidemment une ère catastrophique écologiquement, culturellement et socialement…
Et pourtant, jamais autant de « phrasés écologiques », jamais une telle diversité culturelle (petites minorités et vaste friperie bordélique) et jamais autant d’associations humanitaires.
Il faut croire que certaines personnes font tout leur possible pour pourrir la vie des autres. Non, il font tout pour accroître leur pouvoir, quitte à tuer tous les autres.
Société en putréfaction, vieille Europe, probablement, mais surtout vieille norme libérale (mot absurde laissant entendre liberté), devenue grosse mangeuse de vies et de tout, ultra-libérale. Norme d’auto-destruction et de destruction de toute source de vie par un individualisme ne prenant même pas en compte l’individu.
Les gens avalent toutes les conneries et apparats qu’on leur déverse chaque jour dans la gueule à la télé, dans les pubs ou dans les magazines, (Même dans « Le Monde 2 », véritable torchon pour le quotidien le plus important et soi-disant sérieux de France : Idées pré-machées, verbiage prétentieux et totalement creux, « imagerie propre » au service d’une « fashion idéologie » dégueulasse pour population ultra-friquée et ultra-consommatrice, etc…)
Petit confort personnel de chacun… L’autre peut bien crever, je dois être en sécurité et croire que je suis immortel.
Société fascisante où 53% d’abrutis votent pour un nouvel empereur.
N’ayons pas peur des mots (et je m’excuse auprès de ceux qui ont vécu « de près » la 2nd guerre mondiale), mais aujourd’hui, en France, il y a des rafles et des quasi camps de concentration (le parlement européen veut d’ailleurs étendre la détention à 18 mois contre 32 jours, soi-disant, aujourd’hui en France.) Attention, je ne parle pas de camps d’extermination…
Mais des camps où l’on entasse des gens, comment vous appelez ça, vous ? Ce sont bien des camps de concentration et d’expulsion de clandestins qui sont en place (ces fameux clandestins qui ont tellement la trouille de se faire renvoyer qu’ils sont des habitants modèles). Et ce sont bien des rafles qui sont mises en place un peu partout sur le territoire national, notamment dans les transports publics, n’en déplaise à des avortons comme Eric Zemour.
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1. rafle [YAfl] n. f.
• fin XVIe; « jeu de dés où d’un seul coup on peut enlever toutes les mises » XIVe; « racloir » XIIIe; all. Raffel, de raffen « emporter vivement »
(…)
2 ¨ (1829) Mod. Arrestation massive opérée à l’improviste par la police dans un lieu suspect. => descente (cf. Coup de filet*). Être pris dans une rafle. « En un clin d’œil, il y eut une trentaine de personnes rassemblées [¼] entre deux barrages d’agents. La rafle » (Aragon). — Arrestation massive de civils préalablement réunis, afin de les interner, de les déporter. La rafle du Vel’ d’Hiv.
(Le petit Robert)
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Oui, certains mots dérangent notre conscience, et il est évidemment plus facile de ne pas vouloir les employer, au nom d’un soi-disant respect ou autre, plutôt que de dénoncer des faits.
Alors que faut-il attendre ? Des camps d’extermination ?
Attendre de risquer de ne plus pouvoir dire les choses tellement la répression serait forte ?
Attendre le retour de la torture?
Aurais-je encore la force de parler dans un état fasciste ?
Mieux vaut ne pas prendre ce risque et dire les choses tant que nous ne sommes encore que dans un état fascisant, au costume scintillant de démocratie.
Rappelons, encore et toujours, qu’Hitler n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’état mais par voie démocratique. Cette chère démocratie qui n’a aucun sens dans des états aussi décérébrés que les nôtres, où la population est fasciste, sexiste, homophobe, lobotomisée et dévote.
Et non, il n’est pas question de comparer Sarkozy à Hitler, même si ça campagne électorale rappelle étrangement une certaine esthétique que l’on peut voir notamment dans les films de Leni Riefenstahl.
J’ose cependant comparer Sarkozy à un petit Berlusconi ou à un petit Poutine, ou bien encore à un Bush (même si Sarko est certainement bien meilleur stratège que ce dernier).
Partout des hommes en quête de pouvoir et de rééligibilité pour conserver ce fameux pouvoir.
Mais devient-on président par hasard ?
Il n’empêche que ces soi-disant hommes importants, malgré tous leurs pouvoirs, ne sont rien, rien du tout. Ca n’est pas donné à tout le monde d’être un Grand Homme, et ça n’est pas donné à tous les hommes de pouvoirs, pas même s’ils sont présidents, rois, empereurs ou dictateurs.
Honte aux hommes qui se laissent bercer trop près du mur et qui votent pour des gens comme ça.
Honte à l’humanité entière, qui, après avoir vécu les horreurs notamment de l’esclavage, de la 2nd guerre ou du colonialisme en est là.
J’ai toujours pensé qu’il était idiot de se sentir coupable de ce qui c’était passé avant ça propre naissance : Puisque je n’étais pas né, je ne peux pas m’en sentir coupable.
Mais pour ce qui se passe aujourd’hui (et malgré tous mes efforts pour garder mon esprit critique, ne pas penser le monde en fonction de ce qui m’arrange ; ou pour rester créatif sans tomber dans la norme terrifiante du marché de l’art contemporain), malgré tout cela,
Honte à moi qui vit dans ce monde terrifiant, où les gens crèvent partout par la faute d’autres hommes !
Honte à moi qui ne peux rien faire pour changer cela.
Si je me promenais dans la rue à poil, avec une plume dans le cul, et que j’en avais honte, cette honte là ne serait rien à côté de la Honte. Une Honte en rapport avec l’humanité, la planète entière.
Honte que l’on peut ressentir un soir d’élection présidentielle, ou lorsque l’on regarde ou lit le journal, etc.
Honte à moi pour toutes ces petites pensées qui s’infiltrent sans même que je m’en rende compte, et que je constate par hasard qu’elles ont pu me convaincre même l’espace d’un instant.
Mais aussi, Honte à mon propre despotisme.
Honte à moi qui pense, un peu prétentieusement, que créer une œuvre artistique de recherche, libre, intransigeante et unique peut contribuer à questionner ou émerveiller des individus et donc développer leurs libertés intellectuelle ou physique.
Honte à moi qui pense qu’il y a peut-être une portée philosophique à mon travail plastique.
Mais surtout, Honte à moi pour tous ceux qui n’auront jamais Honte.